Pendant que Sandrine Rousseau pose ses valises à Dinéault, des Bretons font leurs cartons

Sur le littoral breton, les résidences secondaires sont un fléau. Les locaux peinent à se loger à un coût normal et quand ils trouvent, les logements sont vétustes et éloignés du littoral où se concentre l’activité économique. Sandrine Rousseau a beau expliqué que « pour l’instant c’est une ruine, elle n’est pas habitable de suite, des travaux sont nécessaires ». Comme si l’état du bien atténuait le problème. Comme si les Bretons pouvaient, eux aussi, s’offrir une ruine à retaper.

Sandrine Rousseau compte habiter à Dinéault quand elle « arrêtera » la politique. Quand elle en aura fini. Quand viendra le repos bien mérité. Pour nous, la lutte n’est pas une carrière dont on se retire. C’est une nécessité quotidienne. Non rémunérée. Et qui coûte : amendes, procès, vie de famille fracassée. La Bretagne terre de luttes, ce n’est pas un décor pour la retraite. C’est ce qu’on vit, ce qu’on subit. Tous les jours.

Diverses associations de lutte pour le droit au logement s’accordent à dire qu’à 20% de résidences secondaires, une commune commence à rencontrer des difficultés sociales et économiques : désertification, tension sur le marché locatif, vie locale appauvrie. La surchauffe économique du marché immobilier crée des tensions sociales, sociétales, politiques qu’il est difficile de résorber. Comme le dit Splann, « En Bretagne, l’enjeu n’est plus de trouver un travail, mais de se loger décemment ».

À Dinéault, la part des résidences secondaires et logements occasionnels est de 13,7 %, selon les chiffres 2025 de l’Insee, issus du recensement 2022. Et cela monte inexorablement année après année. Plus près de la côte finistérienne, certaines communes sont déjà à 30 ou 40%, voire plus dans certains cas extrêmes : Crozon (44%), Roscanvel (52%), Porspoder (38%), Plounéour-Brignogan-plages (48%), Audierne (44%), Penmarch (40%), Le Guilvinec (39%), Loctudy (48%)… Cachez ces pauvres que je ne saurais voir.

Défendre le logement à l’année en Bretagne n’est plus tabou. C’est même devenu un combat politique assumé. L’Union démocratique bretonne, formation de gauche autonomiste et écologiste, en a fait l’une de ses priorités. Pour Maxime Touzé, bien que « le sujet n’est pas qui vient habiter ici », il concède, à propos de Sandrine Rousseau, qu’il « peut y avoir une contradiction entre les valeurs et la personne ».

En effet, il y a quelque chose d’embarrassant : peut-on dénoncer sans relâche les résidences secondaires comme un fléau social et écologique – comme le font Les Ecologistes – et acquérir en Bretagne une maison, fût-elle « une ruine », que l’on compte habiter à la fin de sa « carrière politique » ? Ou alors, est-ce pour préparer un éventuel parachutage ?

Pour remédier à ce grave problème, l’Union démocratique bretonne propose une mesure simple, radicale : le statut de résident principal. Pour pouvoir acheter une maison ou un terrain constructible en Bretagne, il faudrait y vivre depuis au moins un an. Pas y passer l’été. Y vivre.

Ce n’est qu’un début. Mais c’est un début qui dit quelque chose d’essentiel : la Bretagne n’est pas à vendre à ceux qui passent. Elle appartient à ceux qui restent, qui luttent, qui paient – parfois au prix fort – le droit d’y exister.

La COCUE (Combattre l’Opposition Contrôlée Ultramondaine Ecologiste)

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