Qui décide chez ERB ? Qui prend la lumière dans les médias ? Si vous n’êtes que vaguement familier de l’association, un visage imprécis apparaît dans votre tête, peut-être avec quelques cheveux blancs, mais surtout : c’est un homme. Chez ERB, les vieilles habitudes ont la vie dure : les hommes devant, les femmes derrière !

Le monde a changé. La place des femmes dans la société aussi, et plutôt dans le bon sens. Mais dans cette association, on vit encore dans les années 80, comme si rien ne s’était passé depuis. Allô les boomers, réveillez-vous ! Chez ERB, aux hommes les décisions et les interviews, aux femmes le travail invisible. Travail invisible, mais essentiel : le fond des dossiers, ce sont des femmes qui le bûchent.
La composition du conseil d’administration est symptomatique. Au sein du bureau d’ERB, Evelyne Lorphelin et Rozenn Perrot ne sont que des « adjointes ». Les responsabilités, ce sont Francis Nativel, Christophe Le Visage, Nicolas Forray et Pierre Loisel qui les concentrent. Pourtant les premières n’ont pas à rougir de leur CV. Avoir été prof à Sciences Po Rennes et élue au bureau national d’ATTAC pendant des années, manifestement ce n’est pas assez bien pour qu’ERB choisisse Rozenn Perrot comme trésorière. Non, un aide-soignant retraité fera mieux le job, tant qu’il est un homme. Il n’y a rien de déshonorant à avoir été aide-soignant (au contraire !), cela met juste en évidence que la compétence acquise tout au long d’une vie de combat n’est pas ce qui compte le plus chez ERB.
La situation n’est guère plus brillante chez les salarié.e.s d’ERB. Qui occupent les postes de direction ? Arnaud Clugery, directeur des opérations, et Vincent Lefebvre, directeur administratif, financier et pédagogique. Leurs qualifications ? Un BTS chacun. Pourtant, des salariéEs expertes et hautement qualifiéEs, ce n’est pas ça qui manque. Les ingénieurEs agronomes, les détentrices de Masters en droit sont cantonnéEs aux postes subalternes. Et que l’on ne vienne pas dire qu’ERB manque de femmes à promouvoir : le ratio, c’est 2/3 de femmes pour 1/3 d’hommes !
Encore une fois, il ne s’agit pas de stigmatiser le niveau de diplôme, il s’agit de mettre en évidence qu’un chromosome Y pèse lourd dans la balance au moment de savoir qui promouvoir dans l’association. Alors, qu’attendre d’ERB pour qu’elle cesse enfin de ressembler à cette caricature d’entreprise des années 80 ? Peut-être faire de 2027 une année charnière : le conseil d’administration sera renouvelé, un poste de direction se libérera… Les occasions ne vont pas manquer : place aux femmes !
La COCUE (Combattre l’Opposition Contrôlée Ultramondaine Ecologiste)